ART Le 6B : scène d’exposition d’un théâtre vivant aux accents utopiques

NB:Morceau à écouter en lisant

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Difficile de définir réellement le 6B.

Certains pourraient le voir comme un squatt d’artistes délurés vivant de leur passion, et d’autres comme une communauté active, réactive et créative toujours avide de nouveaux projets.Un acte humain sans pareil dans une société baignée dans le chaos d’une crise politique, économique et sociale aux couleurs d’un ciel d’été raté. A l’heure des nouvelles technologies où l’avenir des rapports humains semblent être compromis, avec le passage du contact physique à celui des touches collantes des ordinateurs ou des téléphones tactiles. Ce lieu pourrait bien être un début de réponse à un monde en crise. Mise en lumière sur une aventure humaine mise en scène par des protagonistes tous aussi farfelus les uns que les autres.

Pour concrétiser un projet, il suffit d’avoir un lieu, du temps, un but et un public. Le 6B, c’est d’abord plusieurs personnes avec des buts communs. Cet été, la Foire aux Rêves (ou FAR) ouvre une nouvelle fois ses portes au public, et à tous les publics. Dimanche 10 juin, 15h. Les nuages étouffent le ciel de Saint Denis. Mais le lieu éphémère illumine les quais. En face de celui-ci s’est déployé une sorte de bidonville étrange installé en peu de temps par les Roms. Les femmes lavent et étendent des vêtements grâce au fils soigneusement accrochés dans les arbres. Les enfants jouent dans les détritus. Les maris ne sont pas là. Face à cette misère désarmante se dresse le lieu insolite dont tous les habitants de la plaine saint Denis ont entendu parler, qu’ils apprécient et qu’ils remercient pour avoir redonner un peu de vie et d’harmonie dans un quartier où la vie de tous les jours n’est pas vraiment facile.

Juste avant de passer par la grille en fer qui ouvre les portes de ce lieu utopique, deux comédiennes de rue font un spectacle. Le public a plusieurs visages : des très jeunes, et des moins jeunes. Des grands parents avec leurs petits enfants, des adolescents avec leurs amis, toutes origines confondues. Ils sont très peu, car aujourd’hui il pleut un peu, et le mois de juin n’invite pas à sortir de chez soi. Mais ce n’est pas un problème. La buvette est ouverte malgré tout, car ceux qui viennent sont toujours bien accueillis. Il y a toujours quelque chose à faire ou à voir au 6B. Surtout pendant la FAR.

Stéphane cuisine des assiettes opulentes à 5euros, un mélange de légumes et de céréales avec un peu de protéines animales. A l’origine, il est musicien. Mais pas aujourd’hui, car c’est à son tour d’être aux fourneaux.

Arrive Guillaume qui vient de trouver deux poubelles dans la rue. « ça peut toujours servir ! » déclame-t’il en les installant sur la terrasse. Toute récup’ est bonne à prendre dans un endroit en perpetuelle construction, jusqu’au jour où il faudra tout détruire, car le 6B et aussi et surtout un lieu éphémère. Tonton Klauss est sur la scène – dont on a achevé la construction la semaine dernière, avec l’aide de bénévoles et d’un peu tout le monde- à quelques mètres de là. Il commente des vieux morceaux de jazz qu’il connait par cœur, et partage leurs histoires. Des gens l’écoutent, assis sur les marches en bois de l’hémicycle, et d’autres demandent où se trouve l’exposition. Car l’immeuble – d’anciens bureaux désaffectés, auparavant une anciene usine –regorge d’ateliers d’artistes, et aujourd’hui, une jeune mère de famille fait une exposition. Des dessins réalisés dans le métro, ligne 13 qu’elle à transformer en collage fluorescents. Dans cet univers conceptualisé pour distraire et partager, en partant de l’atelier photo où l’artiste vous demande de lui tirer le portrait -pour montrer comme vous le voyez, et non comme les autres le voit – en passant par un spectacle équestre humoristique orchestré par des actrices de rue, l’art prend une place centrale.

Et tout ça provoque le rire hilare d’enfants et le sourire incommensurable des adultes qui apprécient cette joie de vivre. Une bande de jeunes a mis en place un jeu avec une roue de la fortune qui permet de faire gagner de minuscules statues africaines aux plus jeunes. Ici, est acteur qui veut. Toutes les initiatives sont encouragées.

Pour conclure, le créateur du 6B, personne ne l’a jamais rencontré. Enfin c’est parce qu’il y en a plusieurs. Enfin pas vraiment. Oui, c’est compliqué, mais c’est organisé. Et même si les habitants reconnaissent qu’il est difficile de vivre en communauté, et que les égo des artistes sont parfois lourds a maitriser, c’est une aventure qui vaut le coup A la fin de la pièce, les spectateurs n’auront pas vu les pires choses se produirent devant eux. Ils ne seront pas non plus délivré d’un poids. Au contraire, ils seront soulagé d’avoir joué un rôle dans cette aventure quotidienne. Et un jour, le rideau ne se lèvera plus, et un autre lieu éphémère verra le jour.

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http://www.le6b.org/

Photos Da Cyberceb (http://www.facebook.com/cyberceb)

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