MEDIA Profession Journaliste : réflexion sur un métier en voie de disparition?

article publié originellement sur Radio VL

Julien Despres, le réalisateur du documentaire ‘Profession Journaliste’ mène son enquête sur les média et apporte des éléments de réponse à la polémique qui plane sur cette industrie puissante. Il tente également de comprendre si le journalisme d’aujourd’hui est le fruit d’une aliénation à l’argent, ou s’il est nourrit par la passion d’une vocation. A l’heure ou les conférences de presse se métamorphosent en opérations de communication, et dans un monde contrôlé les politiques et les puissants industriels, le documentaire ‘Profession Journaliste’ relance le débat qui met en exergue les questions suivantes : Qu’est-ce qu’un journaliste aujourd’hui? Pourquoi sont-ils si nombreux à être qualifiés de ‘corrompus’ ? Un journaliste doit-il simplement relayer des informations factuelles ? Doit-il dire la ‘vérité’ ?

Ce documentaire repose sur un principe simple : Julien Depré s’interroge sur les principes fondamentaux de cette profession en étudiant chronologiquement l’histoire du journalisme depuis les années 20, et prend comme témoins les ‘gens du métier’.

 Utilisé pour la propagande en temps de guerre, ou comme moyen de pression pour la Résistance, les média sont souvent à double tranchant et tout dépend de qui les contrôle.

Et par quels moyens. La liberté d’expression et l’indépendance de la presse sont donc les premiers piliers sur lesquels reposent la profession. Et si François Hollande l’a bien compris, comme il le précise dans son livre (‘Changer de destin’, écrit par Robert Laffont et publié le 23 février 2012) et qu’il déclare qu’il libérera les média de tout contrôle politique et économique, il l’a certainement amnistié. La question des média au gouvernement reste donc sans réponse, à croire que les dispositions à prendre provoqueront des sanctions sans appel.

 Mais l’extrême gravité de la situation nous prend à la gorge dès les premiers témoignages des professionnels du métier.

Des écoles de journalisme qui entretiennent d’étroites relations avec les groupes de presse les plus influents du pays, aux journalistes forcés de coopérer avec les multinationales sous peine de perdre leur travail, en passant par les journalistes indépendants luttant encore pour faire leur métier comme ils l’entendent, et qui finissent par se faire violemment évincer des supposées conférences de presse, ce documentaire pourrait bien être le reflet d’une société en crise. Et la fin d’un mythe qui n’a peut être jamais existé.

Écriture, recherche de la véracité de l’information et réflexion, autant de mots qui auraient jadis évoqué les objectifs et activités quotidiennes des journalistes. Mais les termes qui résonnent en écho tout au long du court métrage sont bien différents. Le dit ‘contre pouvoir’ d’Albert Camus perd toute autorité et agonise sans pouvoir vraiment changer les choses. ‘Si on refuse de faire un papier, on nous précise bien que 30 000 personnes attendent derrière la porte pour prendre notre place’ déclare péniblement un des témoins. Alors, faut-il malgré tout intégrer le système pour tenter d’en expier le venin, ou au contraire abandonner nos rêves ? Faut-il assumer pleinement de faire de la communication ou de la publicité et arrêter de croire que le journalisme existe encore?

 Résultat de l’opération, le réalisateur répond à plusieurs interrogations (Pourquoi y a-t-il tant de publicités d’automobile, de téléphonie mobile et de cosmétiques ? Parce que les grands annonceurs de la presse sont également les chefs entreprises de ces entreprises colossales toutes soigneusement bien cotées au CAC 40.

Pourquoi les conférences de presse se métamorphosent en opération marketing? Parce que l’image des entreprises est au centre des préoccupations. Finies les interviews, il suffit de lire les communiqués de presse en ligne.) et nous délivre un maximum d’informations, mettant en avant les relations douteuses entre journalistes et politiques, entre politiques et chefs d’entreprises, entre chefs d’entreprises et média.

Autre point important, il souligne la non-démocratisation des études de journalisme, prisées et squattées par les ‘élites’ et laissant à l’écart les candidats qui faute de moyens, voient leur projet de carrière réduit à néant. Un autre moyen de mettre la main sur la bouche de ceux qui pourraient peut être faire changer les choses.

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